
C'est donc pour exécuter ce mandat que la Mission onusienne, à travers sa section Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (DDR), appuie l'Autorité nationale de Désarmement, Démobilisation et Réintégration (ADDR) qui, dans différentes régions du pays, mène ses activités en faveur des ex-combattants et des populations.
Toulepleu, située à 636 km d'Abidjan dans l'ouest de la Côte d'Ivoire, est l'une des régions durement frappée par la crise post-électorale où de nombreux jeunes ont pris les armes durant les conflits armés. L'ADDR a beaucoup à y faire.
Installée le 27 mars 2013, à Toulepleu, l'antenne de cette structure nationale mène, avec l'appui de l'ONUCI, ses actions sur le terrain au bénéfice des ex- combattants et des populations de cette zone. Evoquant l'appui de l'ONUCI aux activités de sa structure, le Chef de l'antenne ADDR de Toulepleu, Eric Kouassi, salue la bonne collaboration avec la Mission onusienne. « Elle nous a permis d'avancer sur le terrain dès notre installation. Le travail préliminaire de l'ONUCI a eu pour effet la facilitation du retour des exilés en général et des ex-combattants en particulier, et la prise en compte de leurs besoins spécifiques. Il a fallu œuvrer à l'instauration d'un climat de confiance, ce qui a permis à l'ADDR d'être acceptée facilement par les populations », estime-t-il.
En effet, dès son ouverture à Toulepleu, quelques mois après la fin de la crise post-électorale, le bureau DDR a mené un travail important qui a permis de cerner les enjeux du désarmement et la problématique sécuritaire sur la ligne frontalière avec les centaines d'ex-combattants du département de Toulepleu qui avaient trouvé refuge au Libéria. Dans ce cadre, des missions ont donc eu lieu à l'initiative de l'ONUCI dans plusieurs camps de réfugiés au Libéria. Elles ont permis de relever les préoccupations de ces ex-combattants et d'établir une base de données. L'ADDR et l'ONUCI ont travaillé à partir de ces données, pour ébaucher des pistes de solutions aux préoccupations des ex-combattants. Plusieurs initiatives ont ensuite été prises par les deux structures pour leur réinsertion dans la vie civile. C'est un partenariat, excellent et gagnant, dira M. Kouassi, entre toutes les entités de l'ONUCI présentes à Toulepleu et l'ADDR.
Le contact avec ces ex-combattants dans les camps de réfugiés se poursuit, fait-il savoir. « Plusieurs jeunes gens sont rentrés et d'autres sont prêts à revenir à Toulepleu. Je puis vous dire que les jeunes veulent revenir et nous travaillons pour leur retour », indique-t-il avant d'affirmer que seule, l'ADDR n'aurait pas eu les résultats enregistrés sur le terrain.

Il faut citer également les campagnes de sensibilisation et d'informations conjointes avec l'ONUCI dans plusieurs localités où les jeunes détiennent encore des armes ; les cérémonies de pardon et de réintégration au sein des communautés, en témoigne celle organisé en avril 2013 dans le village de Bakoubly, chef-lieu de sous-préfecture, où des ex-combattants issus de six villages ont publiquement demandé pardon aux populations pour les actions posées lors la crise post-électorale. A cela s'ajoute les collectes d'armes et de munitions avec l'appui de l'ONUCI.
A noter par ailleurs que les bénéficiaires du projet des motos tricycles ont eu droit à une formation basée sur plusieurs modules notamment la gestion et la comptabilité simplifiée, le civisme, la citoyenneté ou encore la lutte contre les infections sexuellement transmissibles dont le VIH/SIDA. Cette formation qui a eu lieu en juillet 2013 a été assurée par la brigade de Gendarmerie, la Croix Rouge Française avec le soutien du bureau DDR de l'ONUCI à Toulepleu.
Pour donner un coup d'accélérateur à ce processus, l'ONUCI va initier très bientôt des Projets de Réinsertion Communautaire (PRC) pour appuyer les efforts des autorités ivoiriennes à travers des initiatives de prise en charge et de réinsertion dans la vie active de ces jeunes. Ces projets concerneront 85% d'ex-combattants et 15% de jeunes à risque. Il s'agira d'appuyer la réinsertion des ex-combattants par un emploi temporaire ou une activité génératrice de revenu, de renforcer leurs compétences de travail, de contribuer au relèvement socio-économique local en les amenant à participer à l'exécution de projets de réhabilitation ou de construction d'infrastructures, d'agriculture, en menant une activité commerçante. Il sera aussi question de renforcer la cohésion sociale entre les ex-combattants et les communautés, ce qui favoriserait la collecte d'armes.
Ce vaste projet a été présenté lors du séminaire initié par l'ADDR en août 2013, à Grand Bassam, par la division DDR de l'ONUCI.
L'ADDR et l'ONUCI ont plusieurs autres projets à Toulepleu. Parmi ces derniers figurent notamment des séances de sensibilisation au dépôt volontaire des armes, de munitions et de collecte s'intensifient auprès des populations. D'autres sensibilisations sont aussi prévues pour expliquer le bien-fondé de ces actions afin de débarrasser les armes de la zone, pour un environnement sécuritaire propice à la reprise des activités économiques, à la consolidation de la paix pour un développement harmonieux du département et le bien-être des populations.
Vincent Kouakou





