ONUCI
Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire

Clôture de l’ONUCI

L’opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) a terminé avec succès son mandat le 30 juin 2017.

Le Président Compaoré, un facilitateur influent dans la crise ivoirienne, selon un analyste politique, sur ONUCI FM.

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Le sommet de la CEDEAO, la Communauté économique des Etats de
l'Afrique de l'Ouest, qui s'est tenu le vendredi 19 décembre, à Abuja au
Nigeria, a consacré le président du Burkina Faso, M. Blaise Compaoré, en qualité
de facilitateur dans la crise ivoirienne. Dans l'interview, ci-dessous, accordée
à ONUCI FM, Gilles Yabi, analyste politique et
observateur de la scène ivoirienne, commente la décision.





ONUCI FM: Bonjour, M. Gilles
Yabi !





GILLES YABI: Bonjour!





ONUCI-FM: Ce sommet a adopté une
résolution reconduisant le numéro 1 Burkinabé, le président Blaise Compaoré,
comme le facilitateur de l'Accord Politique inter-Ivoirien signé le 4 mars 2007
à Ouagadougou. C'était la chose la plus logique ?





GILLES YABI: Oui ! Il était
logique de reconduire le mandat du facilitateur Blaise Compaoré. Cela, parce que
c'est la position particulière du Burkina Faso dans la crise ivoirienne qui
expliquait principalement le choix de M. Compaoré par le président Gbagbo et
aussi par le président Sud-africain Thabo Mbeki, qui était à l'époque impliqué,
disons, dans la génération même du processus du dialogue direct ayant abouti à
l'Accord de Ouagadougou. Pour une question de suivi de cet accord, il était
logique que le président Compaoré demeure le facilitateur de l'APO.





ONUCI-FM: Mais il y a que le
président Blaise Compaoré depuis ce sommet d'Abuja, n'est plus le président en
exercice de la CEDEAO, alors comment voyez-vous l'avenir de cette
facilitation ?





GILLES YABI: Je ne pense pas que
cela change beaucoup les choses. Le fait que le président Compaoré ne soit plus
le président en exercice de la CEDEAO. Cela ne va pas fondamentalement, je
pense, diminuer son influence sur les acteurs ivoiriens et sur la mise en œuvre
de l'Accord de Ouagadougou. Je pense qu'il ne faut pas aussi oublier que le
Burkina Faso est également membre non permanent du Conseil de Sécurité des
Nations Unies et donc, il continue à avoir de ce faite, une influence et même
une possibilité de faire remarquer aux acteurs ivoiriens que le Burkina Faso
peut à tout moment activer le Conseil de Sécurité sur le dossier Ivoirien et
même faire intervenir de manière significative la communauté internationale dans
la gestion du dossier ivoirien(...).





ONUCI-FM: L'année 2008 s'achève ;
alors comment appréciez-vous le chemin parcouru par la Côte d'Ivoire sur la
route de la paix ?





GILLES YABI: Une fois de plus, on
termine l'année 2008 sur une note tout de même difficile. [Difficile], quant à
la volonté des acteurs ivoiriens de mettre fin à une crise qui génère, disons,
des souffrances au quotidien pour une grande partie de la population ivoirienne.
Pour l'année 2008, je pense qu'on retiendra comme avancée notable, le début du
processus d'identification de la population qui est un processus extrêmement
important, à la fois dans son aspect électoral, puisqu'il va permettre d'avoir,
à la fin, l'organisation des élections et aussi dans son aspect identitaire,
puisque le processus d'identification va permettre, enfin, aux populations
ivoiriennes de bénéficier peut-être de cartes nationales d'identité et donc
d'avoir le sentiment que la crise aura quand même servi, au moins, à quelque
chose : une identification réelle de la population. Donc oui, s'il y a quelque
chose à retenir, c'est sans doute le début de l'identification.





ONUCI-FM: Au regard de cette
situation, au regard de ce bilan, que vous venez de dresser, comment voyez-vous
l'année 2009 pour la Côte d'Ivoire ?





GILLES YABI: Il faut espérer
qu'effectivement en 2009, ce soit au moins l'année des élections. Et les
élections signalent le début de la fin de la crise politique ivoirienne. Mais,
en regardant tout de même le déroulement du processus et la lenteur de la mise
en œuvre des différents accords, rien ne permet, je pense, d'affirmer
sérieusement aujourd'hui que l'année 2009 sera la bonne.





ONUCI-FM: Au total, pour vous, des
élections en 2009, c'est encore incertain ?





GILLES YABI: Je pense que
l'incertitude sur le futur de la Côte d'Ivoire est toujours effectivement à
l'ordre du jour. Et que rien ne permet, disons, sur la base des acteurs et de
leurs comportements au cours des dernières années, d'affirmer avec une certitude
totale que les élections aurons lieu en 2009. Rien ne permet d'affirmer le
contraire non plus. Il faut, bien sûr, rester optimiste. Mais, s'il n'y a pas de
pression sur les acteurs et s'ils sont les seuls à décider du rythme
d'application de l'Accord de Ouagadougou, au fond, on ne voit pas très bien
pourquoi est-ce qu'ils seraient pressés d'aller à des élections. Je pense que le
problème actuel est qu'on a des raisons politiques qui peuvent expliquer les
retards. Mais, il faut peut-être aussi aborder la question des raisons
financières individuelles qui peuvent expliquer qu'à chaque niveau de
responsabilité, un certain nombre d'acteurs [redoutent] une situation
d'incertitude dans le futur. Ils recherchent leurs intérêts financiers
individuels actuels et cela, je pense, explique aussi maintenant, en partie,
l'ensemble des retards. C'est une sorte de culture de l'enrichissement
individuel qui est aussi un problème à aborder sans doute en Côte d'Ivoire. Et
ça, c'est la responsabilité des Ivoiriens et pas seulement des acteurs
politiques d'aborder cette question.





ONUCI-FM: Je vous remercie
Monsieur Gilles Yabi !





GILLES YABI : Merci à vous !







Ecouter aussi l'interview :