
Dans la sous-préfecture de Zagné, les jeunes, au cours d'un forum d'échanges initié par l'Opération de Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI), se sont récemment engagés à être des ambassadeurs de la paix. « La jeunesse est au travail et elle continuera de mener des actions entre les différentes communautés afin de reconstruire la confiance entachée par la crise », a souligné le Président de la jeunesse locale, Kaho Lemaire, à l'issue de ce forum. Ce forum visait à exhorter la jeunesse, ce maillon essentiel de la population à se détourner de la violence, et à renoncer à tout acte visant à perturber la quiétude sociale.
Par ailleurs, en appui aux initiatives locales, la Section des Affaires civiles de la Mission onusienne a organisé un dialogue intercommunautaire dans le village de Diere-Oula, au sud de Taï, sur l'axe Taï-Para. Ce village a été durement frappé par la crise qui a favorisé l'exil de ses fils au Liberia. Cette activité visait à promouvoir le dialogue en encourageant des initiatives locales de réconciliation et de renforcement de la cohésion sociale. Les différentes communautés

Dans le village de Ponan, dans la sous-préfecture de Taï, l'ONUCI a organisé une séance d'écoute et de sensibilisation dans le cadre des actions de plaidoyer pour la promotion de la paix. Le Représentant de la Section des Affaires civiles de l'ONUCI, à cette occasion, a encouragé les populations à s'engager véritablement sur la route de la paix. « Si vous réapprenez à vous accepter, si vous réapprenez à échanger mutuellement pour trouver des solutions à vos différends, si vous faites l'ultime sacrifice qui consiste à tourner définitivement la page des évènements douloureux que chacun d'entre vous a connus, et allez de l'avant, la paix, la véritable paix sera gagnée », a dit le Représentant de l'ONUCI aux populations de Ponan.
Les nombreuses attaques perpétrées dans cette zone ont contraint les autorités préfectorales et les partenaires du Gouvernement ivoirien, à redoubler d'efforts et de synergie pour parvenir à un retour à la normalité. C'est dans le cadre de ces efforts que sont nés les comités de paix et de gestion des conflits, mis en place après plusieurs consultations avec les leaders communautaires. Les différentes réformes n'ont pas seulement ont permis à chaque habitant de la cité du N'Zê de se vider de ses rancœurs ; elles ont également permis aux citoyens d'exposer leurs préoccupations aux autres. Ces efforts ont permis de booster les processus de stabilisation de l'environnement sécuritaire, de réconciliation, de renforcement du respect des droits de l'Homme et de restauration de l'autorité de l'Etat.

Méfiance et plaintes récurrentes entre différentes communautés du département se font désormais de moins en moins nombreuses. Une preuve parmi tant d'autres : les populations qui se plaignaient de certaines attitudes de la confrérie des chasseurs traditionnels communément appelés « Dozos » ont fumé le calumet de la paix à l'occasion d'une rencontre organisée sous les auspices du Préfet de Taï, Aka Kassy Bio.
Le renforcement de la cohésion sociale grâce à l'accalmie durant la période post-crise s'est répercuté sur la vie sociale des populations. Ainsi, Taï a pu bénéficier de plusieurs projets, notamment de la réhabilitation d'une école primaire, d'un laboratoire d'analyse médicale, d'un foyer des jeunes par l'ONUCI dans le cadre de son programme de projets à impact rapide (QIPs).
Pour le Premier adjoint au Maire de la ville, Tehe Tere, « Taï est résolument sur la route de la paix. Il suffit d'un dernier effort de la population, avec le soutien des autorités, de l'ONUCI et ONG pour que soit relevé à jamais le défi d'une cohésion sans faille ».
Prisca Armande Soumahoro





