
Ils ont également plaidé pour une aide aux radios locales, dans les domaines de la formation et de l'équipement, afin qu'ils puissent mieux contribuer à un climat apaisé dans cette région du Nord-est de la Côte d'Ivoire.
L'atelier fait partie d'une série d'initiatives prises par l'ONUCI, dans le cadre de son soutien à la mise en œuvre de l'Accord politique de Ouagadougou, pour favoriser la collaboration entre médias et société civile, afin qu'ils puissent mieux accompagner le processus de sortie de crise en Côte d'Ivoire. En janvier 2009, une table ronde au siège de l'ONUCI à Abidjan a réuni des représentants des médias, de la société civile, de l'ONUCI et du corps diplomatique autour du thème du rôle des médias et de la société civile dans le processus démocratique. L'atelier de Bouna avait pour thème « l'impact des médias sur la cohésion sociale ». Des ateliers similaires seront organisés dans les mois à venir dans d'autres régions de la Cote d'Ivoire, entre avril et juin 2009.
En ouvrant les travaux de l'atelier, le préfet de Bouna, Kouassi Aka Bio, a indiqué que pour faciliter la sortie de crise, les populations doivent être bien informées. << Nos parents ont perdu des réflexes qu'il faut leur donner par l'information et la communication>>, a-t-il souligné, avant d'exprimer le souhait que la rencontre puisse déboucher sur des recommandations utiles à la gestion des problèmes du Zanzan.
La région du Zanzan a été le théâtre de plusieurs conflits au cours des mois précédents, notamment pendant la deuxième moitié de l'année 2008. On y a enregistré des confrontations entre jeunes et opérateurs économiques, un conflit entre transporteurs locaux et étrangers, des tensions entre bergers et agriculteurs, et un affrontement entre deux communautés locales.
Dans des situations de conflit, comme celle qu'a connue la région, les médias revêtent une importance accrue comme source d'information, a souligné Mme Brigitte Karekezi de la Division des Affaires Civiles de l'ONUCI, dans une présentation faite aux participants. Les journalistes doivent, donc, bien comprendre la portée de leurs écrits et paroles, bien peser les mots, éviter les discours tendancieux ainsi que le sensationnalisme, a-t-elle ajouté.

L'atelier a mis l'accent sur le danger que représentent les tensions intercommunautaires, notamment celles liées au foncier, et les participants ont recommandé la production d'émissions de sensibilisation sur le foncier rural, avec la participation d'experts en la matière. Dans cette région où la plupart de la population est analphabète et ne parle, dans certains cas, que sa langue maternelle, l'atelier a recommandé que la majorité des émissions réalisées par les radios utilisent les langues locales : le lobi, le koulango, le bron, le malinké.
D'autres préoccupations ont également été reflétées dans les recommandations de l'atelier, telles la question des conditions d'accessibilité des radios locales au fonds d'aide à la presse de l'Etat, et la réhabilitation de la radio locale de Bouna. Afin de faciliter la mise en œuvre des recommandations, un plan d'action a été approuvé par les 35 participants.





